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Prostituées marocaines abidjan




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Présentation de notre série, abidjan underground.
Ces gamines sont filles et femmes en même temps.
Dans les ghettos, les arrangements entre go (filles) et «gars» (mecs) sont variables.
« Au Maroc, la prostitution est généralement autonome, analyse lanthropologue Mériam Cheikh, chercheuse à luniversité dEdimbourg.Les fraîchenies, en rupture avec la famille et avec la loi, vont aussi vers la délinquance, elles volent et arnaquent.Un sauvetage participatif à découvrir sur notre site.De nombreuses filles pensent quen raison de leurs activités maudites par leur entourage, elles sont à lorigine de troubles familiaux : une mère malade ou un père qui vient de perdre son travail.De 80 000 à 100 000 francs CFA la passe.Cette nouvelle exposition entre dans leur intimité.A partir de ces fraîchenies se sont crées de nouveaux ghettos qui ont remplacé les grands ghettos davant 2002 .Originaire de Marrakech, Souad y a tenu pendant plusieurs années un bar qui servait de lieu de rencontre entre prostituées et clients.Souvent, elles en arrivent aux mains.» En face, un groupe de jeunes Libanais titubants sapprête à quitter les lieux en compagnie de deux Marocaines.Comme le sont les «petites bonnes» placées dans des familles, ou comme les petites filles qui vendent pendant des heures des oranges plan cul concarneau ou des kleenex, dans la rue.Votre relation avec elles est passée par la photographie.Perchées sur leurs talons aiguilles, en minijupe ou en robe transparente, les sourcils tracés au crayon noir et le visage couvert de talc pour rehausser cette blancheur si recherchée.En même temps, elles abhorrent la prostitution et veulent se sortir de ce qui leur apparaît comme une saleté morale et physique, car les lieux où elles vivent sont extrêmement durs.« Je suis venue ici trois mois, pour me faire de largent et aider mon père atteint dun cancer » Ce samedi soir, dans le cabaret, elles sont une douzaine à «traquer une proie», comme on dit ici.Les images prennent le contre-pied de leur image sociale : folles, injurieuses, violentes.Elles commencent la prostitution souvent dès quelles ont leurs règles, vers 10-12 ans.
Si Souad reste une icône du monde de la nuit, la maquerelle nest pas seule sur le marché.
Les transactions passent par Souad, la cinquantaine, patronne des lieux et maquerelle en chef.




Les comportements de ces jeunes gens, filles et garçons, sont guidés par une recherche de liberté, par la volonté décrire une histoire à la première personne.Des jeunes filles du Nord, plutôt musulmanes, sont descendues à la capitale pour échapper à la guerre et aux violences familiales.Dans la commune de Marcory, le cabaret séduit une clientèle arabe en quête de prostituées «blanches».Par contre, les gars exercent un droit de cuissage, sans capotes, et tombent sur les go pour de largent ou une paire de Nike.Elle fixe les prix, trouve les clients.Comme tous les soirs, cette femme de poigne passe la première partie de soirée à LOriental, un restaurant marocain quelle possède également, non loin de là, et géré par son frère cadet, «Monsieur Mohammed» alias «Simou».Léclairage est tamisé, la musique assourdissante.«Moi, jai pas à faire à quelquun «je ne demande rien» : ce sont leurs mots.
Alors que ses concurrents se dirigent vers le Golfe, Souad décide de sinstaller à Abidjan.
Après lâge de 25 ans, on ne les voit plus.

Trois ans plus tard, début 2013, je suis retournée à Abidjan où jai retrouvé vingt filles que je voulais aider grâce à des dons recueillis au moment de lexposition.
Cette même maquerelle leur prend aussi 50 de chacune de leurs passes.


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